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Préparé par une équipe indépendante d’économistes pour le compte des Nations Unies pour le Développement (PNUD), l’indice du Développement Humain est fondé sur une synthèse entre trois données :
Depuis le premier rapport en 1990, ce concept constitue une nouvelle donnée d’évaluation du développement. Le thème central du rapport 1993 était basé sur la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) mondial et soulignait, d’une part, la croissance sans création d’emplois, d’autre part, la nécessité pour tout un chacun de participer au développement : la forme la plus efficace de participation au marché est l’accès à l’emploi productif rémunérateur. Or, il est probable que moins de 10% de la population mondiale participe pleinement à la vie politique, économique, sociale et culturelle. A titre d’exemple, deux chiffres significatifs : sur la base 100 en 1975, l’indice de croissance du PIB mondial atteignait 156 en 1990, contre 128 pour l’emploi. Pour ce qui concerne le continent africain, l’IDH 1993 était compris entre 0,794 (1er rang pour l’île Maurice) et 0,045 pour la Guinée (classée 173ème /173). En 1994, le classement des pays d’Afrique subsaharienne montre que sur les 46 Etats africains, 6 pays (Maurice, Seychelles, Botswana, Afrique du Sud, Gabon et Swaziland) ont un IDH moyen et tous les autres un IDH faible. Critère de classification
La Guinée a réalisé d'énormes progrés en matière d'IDA puiqu'en 1996, elle a enregistré un IDH de 0.306 et occupé le rang de 160 ème/174. Dans le rapport 1997, centré sur la pauvreté, une nouvelle mesure s’ajoute à l’IDH ; l’Indicateur de Pauvreté Humaine (IH). L’IPH), plutôt que de mesurer en fonction du PIB, indique pour chaque pays, la proportion de la population souffrant des trois formes fondamentales de dénuement déjà pris en compte dans l’IDH, à savoir :
Aux dernières places : 7 pays, dont 6 Pays d’Afrique subsaharienne dans lequel l’IPH dépasse 50% : Niger, Sierra Leone, Burkina Faso, Ethiopie, Mali et Mozambique. L’IPH est supérieur à 34% dans près de la moitié des 78 pays considérés, ce qui signifie qu’au moins un tiers de leurs habitants souffrent de la pauvreté humaine. Les progrès accomplis dans la réduction de la pauvreté monétaire dans certains pays, tel la Côte d’Ivoire, ne vont pas forcément de pair avec l’amélioration de la pauvreté humaine. A contrario, d’autre pays ont mieux réussi dans la réduction de la pauvreté humaine que dans celle de la pauvreté monétaire (Zimbabwe). L’analyse par régression indique ainsi qu’il n’existe qu’une relation entre le taux de pauvreté monétaire et l’IPH. Sur les 175 pays classés dans le monde dans le dernier rapport du PNUD (1991), la Guinée est :
Selon un rapport sur la pauvreté en Guinée réalisé en 1994 par le Ministère du Plan et de la Coopération, 40,5% de la population vivraient au dessous du seuil de pauvreté fixé à 296 $ par an. Pour 13% de la population, la dépense annuelle par tête se situerait à 173$ (situation d’extrême pauvreté). Autre instrument de mesure, l’Indicateur Sexospécifique du Développement Humain (ISDH), corrige l’IDH en fonction des inégalités sociologiques entre les sexes. Calculé pour 146 pays, l’ISDH démontre qu’aucun pays ne traite les femmes aussi bien que les hommes. Les femmes en Guinée, représentent 51,2% de la population, réalisent 40 à 50% des opérations économiques du pays. Dans le secteur rural, on compte en moyenne 114 femme pour 100 hommes actifs, ce qui représente en main d’œuvre de 53,3% pour les femmes contre 46,7% pour hommes.
La pauvreté est concentrée en haute et Moyenne-Guinée. L’enclavement des régions de la Moyenne Guinée (Koundara, Gaoual, Mali, Télimélé etc.…) est l’une des causes de cette situation défavorable. D’autres régions sont défavorisées en matière d’infrastructures et à l’écart des courants économiques. L’activité de ces populations est tournée vers l’agriculture d’autosuffisance. En milieu urbain, on estime que la pauvreté touche 30 à 50% des ménages. Le chômage en est la première cause. Il n’y a pas de salaire minimum officiel en Guinée, cependant un salaire inférieur à 100.000 GNF (équivalent à 500 FF en 1997), ne permet pas de se loger et de se nourri correctement, sans une source de revenu complémentaire ce qui contribue à l’expansion du marché informel. Seul le secteur tertiaire offre des revenus plus élevés que les autres. |
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